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La volonté de prolonger la durée de vie, de réparer ou de reconstruire les biens mobiliers et immobiliers existait déjà dans l’Antiquité. Il a longtemps été habituel de compléter des parties manquantes, ou même de transformer les biens pour les adapter aux codes esthétiques de l’époque ou à de nouveaux usages.
La restauration des biens culturels[1] commence à se structurer et se constitue en « discipline » au cours du XXe siècle au niveau international, avec l’adoption d’une déontologie basée sur le respect des biens culturels et en particulier de leur intégrité physique et de leur intérêt patrimonial.
Cette nouvelle approche de la préservation du patrimoine culturel a nécessité la création de formations scientifiques et techniques de niveau Master dédiées à la conservation-restauration, de tout type de matériau ou de bien culturel, et qui se distinguent des formations artistiques et artisanales (du CAP au DMA), généralement centrées sur un matériau ou un type de bien spécifique.
Les deux types de parcours coexistent aujourd’hui et ne donnent pas accès aux mêmes débouchés.

Emploi et débouchés

Un diplôme de niveau I (Master) en conservation restauration est exigé pour intervenir sur les collections des Musées de France en application du livre IV du Code du patrimoine (articles R452-10 à R452-13). C’est souvent ce niveau qui est prescrit pour intervenir sur les objets mobiliers ou œuvres d’art immeubles protégés au titre des monuments historiques.
Le restaurateur peut exercer en tant que travailleur indépendant, salarié ou fonctionnaire.

Travailleur indépendant

Il peut s’installer comme entrepreneur individuel soit auprès de l’URSSAF pour exercer en tant que profession libérale (c’est le cas en particulier des restaurateurs diplômés au niveau Master), soit auprès de la chambre de métiers et de l’artisanat pour exercer en tant qu’artisan.
Il peut également créer une société auprès de la chambre de commerce et d’industrie ou de la chambre des métiers et de l’artisanat. Il existe également d’autres formes juridiques pour exercer comme indépendant, telles que l’intégration d’une coopérative d’activités et d’emplois ou d’une société de portage salarial.
La clientèle peut être publique (collectivités territoriales, établissements publics, services décentralisés ou déconcentrés de l’État) comme privée (particuliers, galeries, marchands, antiquaires, salles de vente). Dans certaines disciplines la commande publique est plus importante que celle de la clientèle privée.
Lorsqu’il est indépendant, le professionnel répond à des demandes de devis ou à des appels d’offre. Il exerce seul ou en équipe selon la nature des prestations à effectuer, par le biais de groupements temporaires (dans le cadre des marchés publics). Pour certaines disciplines, l’installation d’un atelier ou l’investissement dans des équipements techniques et de sécurité – sûreté peuvent être indispensables et représentent un budget conséquent. Le regroupement entre professionnels peut permettre de partager les coûts (matériel, local, charges…).
Une grande partie des interventions est réalisée in situ (musées, monuments historiques, services d’archives, bibliothèques…), d’autres peuvent se dérouler dans les ateliers du Centre de recherche et de restauration des musées de France ( C2RMF), du Centre Interdisciplinaire de Conservation et Restauration du Patrimoine (CICRP), ou sur des plateformes techniques (Fabrique des patrimoines à Caen, Centre de conservation et de restauration de Perpignan, Atelier de restauration du Musée Bernard d’Agesci à Niort,…).
Le restaurateur peut être amené à se déplacer sur l’ensemble du territoire. La majorité des professionnels diplômés au niveau I est installée en Ile de France (70% en 2016 d’après la FFCR). Les autres régions les plus denses en établissements sont la Bretagne, les Pays de la Loire, le Centre-Val de Loire, Auvergne -Rhône-Alpes et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Une part des débouchés se situe à l’étranger, notamment dans le cadre de missions de coopération ou de contrats dans les institutions.

Salariat

Le restaurateur peut exercer comme salarié (CDD ou CDI) d’associations, musées privés, fondations, ou comme salarié d’une entreprise, en particulier dans les domaines du mobilier, décor peint et vitrail.

Secteur public

Le restaurateur peut être fonctionnaire ou contractuel (État ou collectivité territoriale) et exercer dans un musée de France, un service territorial de l’archéologie, un service d’archive, une bibliothèque, un service de l’État, un établissement public...
Il n’existe pas de corps ou cadre d’emploi dédié pour les restaurateurs et il y a peu de postes ouverts.
Dans la fonction publique d’État ils sont pour la plupart employés en tant que chef de travaux d’art (catégorie A), qui peut être responsable du fonctionnement des ateliers, ou technicien d’art (catégorie B), postes qui relèvent de la filière technique. Quelques emplois se trouvent également dans les corps de recherche du ministère de la Culture, notamment celui des ingénieurs d’étude.
Dans la fonction publique territoriale, ils sont recrutés en tant qu’attaché ou assistant de conservation du patrimoine en particulier dans le domaine des archives, postes qui relèvent de la filière culturelle.

 


[1] Tout bien matériel auquel la société attribue une valeur artistique, historique, documentaire, esthétique, scientifique, religieuse ou affective particulière, et qui ne se réduit pas à sa seule valeur d'échange. (Conseil des Métiers d’Art de Ministère de la Culture et de la Communication, 2007)

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