Le facteur et restaurateur d’orgues conçoit les instruments dans le respect des différents répertoires musicaux, classiques ou contemporains. Il travaille le bois du buffet, roule les plaques d’étain pour confectionner les tuyaux, crée les trompettes, les anches d’amour…
La facture d’orgues compte environ 120 entreprises ou artisans répartis sur l’ensemble du territoire national avec une concentration plus importante en Alsace. Les ateliers sont constitués en moyenne de 4 ouvriers dont un sur deux est un compagnon. La fabrication d’un orgue peut nécessiter de 3 000 heures (petit orgue de 10 jeux) à 30 000 heures de travail. Une restauration d'orgues demande quant à elle 5 000 à 12 000 heures de travail.
La fabrication d’orgues de salon est concurrencée par les instruments électriques et électroniques. L’activité consiste essentiellement en l’entretien des orgues anciennes. Seule la moitié des entreprises a réellement une activité de facture d’orgues neuves et surtout de restauration des instruments classés ou inscrits au patrimoine. Les communes sont propriétaires des orgues de leur église et en ont la charge financière. La facture d’orgues est accompagnée par l’État qui octroie commandes, subventions ou cofinancements. La commande publique représente près de deux tiers du chiffre d’affaires de la profession. Les entreprises sont fortement soumises à de possibles restrictions budgétaires.
Une exception subsiste dans la région Alsace, où le patrimoine religieux est resté la propriété des paroisses qui détiennent ainsi 20% des orgues françaises. L’activité dans cette région est très importante et vit notamment des échanges commerciaux avec les pays limitrophes.
Grâce à la réappropriation par les musiciens de l’esthétique romantique, les orgues du XIXe siècle font l’objet d’une campagne de restauration depuis les années 1990. De nouvelles perspectives de restauration d’instruments similaires apparaissent à l’étranger notamment en Espagne et en Amérique Latine et du Sud qui ont une forte culture religieuse. D’autres débouchés s’ouvrent en Asie sur la vente d’instruments neufs comme au Japon, amateur de musique occidentale. Le poids de l’export représente aujourd’hui 16% du chiffre d’affaires de la facture d’orgues.
Les entreprises du secteur sont confrontées à plusieurs défis : transmettre les savoir-faire complexes, s’adapter aux évolutions du métier, favoriser l’innovation mais également développer leurs marchés (marketing, rationalisation des fournitures, export…). Aujourd’hui, les évolutions évoquées sont l’électronique, la numérisation du son, la mobilité, d’autres parlent “d’orgues éoliennes”.
Niveau V
- CAP facteur d’orgues, 3 ans.
- CAP tuyautier en orgues, 3 ans.
Atelier Bernard Aubertin © photo Alexis Lecomte - INMA